Carnets de l'atelier

Ce que coûte vraiment un sac fait main à Dakar

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Détail des boucles et de la fermeture du sac Okonko, cuir pleine fleur

On nous pose souvent la question à l'envers. Pas « pourquoi est-ce si cher », mais « pourquoi n'est-ce pas plus cher ». Les deux questions ont la même réponse, et elle tient dans trois mots : la peau, les heures, les mains.

La peau

Un sac commence par un choix qu'on ne peut pas rattraper. Une peau pleine fleur garde la surface naturelle du cuir, avec ses marques de vie — c'est la couche la plus résistante, celle qui prend la patine au lieu de s'écailler. Une peau corrigée a été poncée puis recouverte : elle est uniforme, et elle vieillit autrement — sa finition s'use, elle ne se patine pas. Entre les deux, le prix de la matière change nettement. C'est la première que nous travaillons pour nos sacs.

Sur une peau, tout ne se coupe pas. Les flancs sont lâches, l'encolure est ridée, le dos est la seule zone vraiment dense. Un sac qui doit durer se taille dans le dos. Le reste devient petites pièces, ou chutes. C'est ce rendement — ce que la peau donne réellement de bon — que vous payez, pas sa surface brute.

Les heures

Un sac n'est pas assemblé, il est construit. Le patron, la coupe, le parage des bords pour amincir le cuir là où il se replie, le teintage des tranches, le marquage des points, la couture sellier main — deux aiguilles, un fil ciré, un point qui se croise et ne file pas si l'un casse. Puis le montage, les boucles, le contrôle. Chacune de ces étapes a un temps en dessous duquel elle est bâclée.

Nous ne publions pas d'heures par pièce : ce chiffre dépend de la peau, du modèle, de la finition demandée, et un chiffre moyen mentirait sur chaque sac. Mais nous pouvons dire ceci : une pièce signée Koko ne quitte pas l'atelier le jour où elle a été coupée.

Les mains

Le geste s'apprend en années, pas en semaines. C'est ce que l'on achète quand on achète du fait-main : une mémoire du cuir qui sait, sans mesurer, où la peau va céder et où elle va tenir. Une machine fait le même point dix mille fois. Une main fait le point que ce cuir-là demande.

Le meilleur, à deux mains.

Ce que vous ne payez pas

  • Un logo. La signature Koko est ton sur ton, discrète, souvent à l'intérieur. Vous n'achetez pas une publicité à porter.
  • Une boutique sur une avenue de Paris ou de New York. L'atelier est à Dakar, et le sac part de là.
  • Une collection par saison. Nous perfectionnons deux sacs, l'Okonko et l'Adventure, année après année.

C'est pour cela que la deuxième question — pourquoi pas plus cher — est la bonne. Ce qui rend une pièce de luxe coûteuse ailleurs, nous l'avons retiré. Ce qui la rend précieuse, nous l'avons gardé.

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